Dimanche 28 juin 2009
Après ces quelques jours à tenter de retrouver mes sensations, il m’a fallu revenir très vite à une réalité moins poétique, plus rationnelle. C’est donc chargé de cet espoir fragile, comme quoi la peinture ne m’avait pas quitté, que j’ai repris les avions pour retourner à mes devoirs.

Il est plus rapide de revenir au productivisme et à l’efficacité que de se perdre dans le labyrinthe de sa sensibilité. 10 jours sans peindre, sans même avoir le temps d’y penser. Négociations, tractations, engagements, objectifs, moyens… Voilà les termes de ces derniers jours passés.

Alors, une fois tout cela fini, maintenant que le travail productif est momentanément terminé, je sais que je vais pouvoir revenir à l’essentiel, ne faire que sentir et ressentir. Plus de réveil le matin, les enfants ne vont plus à l’école, le rythme de la vie quotidienne se rompt et laisse place à nouveau à la peur du vide. Se laisser tomber dans l’inaction, se forcer à ne rien faire, écouter, regarder, sentir, goûter, toucher.
Je souffre de ces va et vient incessants, je les trouve parfois sordides. Ils doivent bien être dans ma vie pour une raison, rien n’arrive par hasard, ni pour rien.

Rien de tel que de retrouver la mer pour se sentir vivant, je ne voyagerai pas cet été, pas avant septembre. Je resterai là, sans projet particulier histoire de laisser venir à moi la nourriture essentielle.

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Mercredi 17 juin 2009
aquarelle sur papier Arches - 30x40 cm

Interprétation personnelle de ce tableau mythique "l'origine du monde" de Courbet. Oeuvre envoutante, dérangeante et tellement belle qu'elle m'obsède depuis longtemps.
Sur le plan technique, toutes les aquarelles réalisées ces derniers jours ont été peintes directement sur le papier blanc sans dessin, ni tracés préalables. J'ai voulu me laisser emporter par le modèle, le découvrir au fur et à mesure que je l'interprétais. Ces travaux m'ont pris très peu de temps, environs 30 à 50 mintutes par planche. Ce fut agréable, réconfortant, léger.
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Mardi 16 juin 2009
Les poissons dans le bocal sont les vedettes du jour...

acuarelle sur papier Arches 10x40 cm

acuarelle sur papier Arches 40x30 cm
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Lundi 15 juin 2009
acuarelle sur papier Arches - 30x40 cm

Suite à la déception passée, j’ai besoin de me retrouver. Retrouver mes sensations, et émotions loin du contrôle permanent. La peinture ne doit pas devenir un labeur, mais rester un besoin énergétique. Pour cela, me voici loin de la ville, au bord de la plage pour quelques jours. J’ai emmené les aquarelles et du papier. Je marche sur la plage et retrouve progressivement ma capacité d’observation. Je scrute les branches et les troncs rejetés par la mer, je pense à Barcelo qui peint tout et n’importe quoi et je me décide à suivre cet exemple. Je peins donc n’importe quoi, sans chercher à composer ni réfléchir. Je ne dessine pas, je me lance directement avec les pinceaux sans aucune autre stratégie de retrouver les gestes, le plaisir de tâcher le papier.

acuarelle sur papier Arches - 30x40 cm
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Dimanche 7 juin 2009
Chacun pour soi
acrylique sur canvas - 132x109 cm


La participation de la galerie à la Fiart, les projets professionnels qui rythment encore ma vie m’obligent à mettre en oeuvre des ressources que j’utilisaient par le passé avant de devenir artiste. Au final, je dois l’admettre, je ne suis pas encore arrivé à être artiste à temps complet, Si je le suis dans l’esprit, mes actions montrent le contraire.
Je suis un artiste à temps partiel et cela me créé des difficultés.

Dans un sens, le rôle de « performant » dans lequel j’ai été tant à l’aise durant toutes ces années, ce rôle programmé et formaté par l’éducation paternelle ne souffre pas de mon désir artistique. Bien au contraire, il me rend peut-être plus audacieux, plus créatif.
Ma pratique de l’art, quant à elle, est en permanence fragilisée par ces excursions dans le monde pragmatique, un monde où le « contrôle » est primordial.

Le calendrier qui m’attendait pour les semaines à venir ne me laissait entrevoir que peu d’occasions de peindre, avant l’été. J’avais 2 tableaux entamés et aurais bien aimé les achever avant la coupure estivale. Je pensais, en effet, profiter de l’été pour faire de la recherche et faire évoluer mon travail. D’où le besoin de finir ce qui était en cours.

Je me suis donc rendu à l’atelier et me suis retrouvé face à ces 2 tableaux. Pour commencer par celui qui est présenté en photo ; je l’ai regardé en le retournant dans tous les sens, j’ai cherché à dialoguer avec lui.
À dire vrai, j’ai un peu de mal avec ce tableau ! Je sais que mes proches l’aiment beaucoup, mais pour ma part je ne sais pas. Certes il y a pas mal de choses intéressantes dedans, comme la matière exagérément généreuse en sable, le collage… Mais j’ai comme l’impression qu’il manque de finesse. C’est peut-être pour cette raison que je l’ai nommé « Chacun pour soi ».
Finalement, je suis intervenu dessus très légèrement en nuançant certaines zones et l’ai déclaré fini. Je ne l’ai pas signé, pas encore.


Fort de cette aisance déployée, je me suis jeté sur l’autre tableau. Sans prendre garde, un peu machinalement. Un format plus grand qui est loin d’être fini mais dont l’étude faite auparavant me plaît beaucoup. Je suis donc parti confiant, j’ai fait des mélanges de couleurs, j’ai appliqué la peinture sous diverses formes de textures, j’y ai mis mon énergie. Une fois bien épuisé, j’ai fermé la lumière de l’atelier, les portes et suis rentré chez moi.

Ce fut lors de mon retour à l’atelier, deux jours plus tard, où je fut déçu. Profondément déçu par le résultat. J’ai essayé de faire abstraction de ce sentiment négatif en me disant que je devais continuer et cela a été bien pire. Finalement, alors que je n’étais à l’atelier que depuis une petite heure à tourner en rond, j’ai tout fermé et suis parti.
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